Carnet/Psy n° 245 : De la crise sanitaire à la crise psychique

Paru le 2021-07-08

SOMMAIRE

ANALYSES D’OUVRAGES

Le corps de l’enfant en jeu. Psychothérapies des pathologies archaïques
Psychanalyse et vie covidienne Détresse collective, expérience individuelle
Suivre Pauline
Controverses sur l’autisme. Décrypter pour dépasser les antagonismes
Des âmes et des saisons. Psycho-écologie
Comprendre et soigner l’homme connecté. Manuel de Cyberpsychologie

À PROPOS DE

CIP : Thierry Bokanowski : Clinique(s) du traumatisme - traumatisme, traumatique, trauma
Imprécis : Enfances
L'histoire vraie de Bambi

DOSSIERS

D’une crise à l’autre… ou la grande « crise » de la représentation
La crise ? Quelle crise ? Essai d’élaboration, ex abrupto
Égalité des chances et assignation à résilience
Quelles réponses face aux enjeux psychiatriques de la crise sanitaire pour les adolescents et jeunes adultes ?
L’anorexie du confinement

RECHERCHES

Traces de traumas. Epigénétique et psychanalyse

ENTRETIENS

ACTES

HOMMAGES

LE TEMPS QUI PASSE

LE SITE DU MOIS

https://www.psycom.org

ÉDITORIAUX

Jusqu’au bout du réel, demeurer réaliste (le cas Aymé)

Daté Marcel Aymé ? Ainsi débute « Maison basse » (1935), peut-être le premier roman décrivant un souci éminemment contemporain, celui de l’architecture des villes et du sentiment d’esseulement que les habitations impersonnelles suscitent : « Portant dans sa serviette en cuir les copies à corriger de ses quarante-deux élèves, M. Josserand imaginait qu’il était le poète Virgile, remonté des Enfers par la sortie principale du métro Clichy […] ».

Trop connue pour sa fantaisie, l’œuvre de M. Aymé se caractérise plutôt par une observation scrupuleuse :  l’univers saisi par l’intelligence rationnelle ET l’entrelacs constant des fantasmes. D’ouvrir l’imagination de ses personnages, comme le ventre du loup par Delphine et Marinette, il demeure un écrivain, non pas fantaisiste, mais on ne peut plus réaliste.

Récemment, la nature a rappelé qu’il existe deux prédateurs à l’espèce humaine : l’homme et les virus. Le seul inédit, ici, est celui de la réponse scientifique, déterminant une prophylaxie vaccinale en un temps record. Évidemment, profitant de toutes occasions, un certain exergue du « réel », comptable-traçable, tel qu’il se lie parfaitement à l’inéluctable prétendu d’une transition numérique généralisée, semble plus que jamais prêt à évacuer les vivacités de la troublante réalité psychique.

Il est possible pourtant de tenir la bride des deux, ce qui ne nous range dans aucune sagesse toute-puissante mais, je le crois, nous rend quand même un peu moins bête, moins soumis aux attitudes virales.

Être réaliste, c’est rester « intégratif » : accorder son attention aux contraintes économiques, y compris dans une perspective préventive, sans dédaigner ni engloutir une vie intérieure ayant besoin de temps (le temps qu’il faut) et de tendre (ce temps qu’il fait). Préoccupation datée ? Les monstres évoluent vers d’autres monstres, comme autant de mutations naturelles mais, passées quelques perplexités, ils peuvent aussi réveiller la raison.

Souhaitons-le, comme je me permets de souhaiter, aux lecteurs de « Carnet Psy », praticiens d’un nécessaire travail de culture, le meilleur des étés possibles.

Yoann Loisel
Le traumatisme de la Grande Guerre et Louis-Ferdinand Céline, L’Esprit du temps.
Samuel Beckett. D’une langue à l’autre : l’outre-verbe, MJW Fédition.


Les anciens numéros (Tout voir)

Une expérience à l’Institution Nationale des Invalides en temps de COVID et Entretien avec Elisabeth ROUDINESCO

Jeux de regards et construction du JE

L’impact des situations de violence chez les éductateurs en Maison d’enfants à Caractère Social : une souffrance indicible

Quelques réflexions sur les dispositifs à distance en psychanalyse/psychothérapie de l’enfant et de l’adolescent et dans les entretiens familiaux

Les bébés invisibles et leurs parents dans le contexte de la pandémie Covid-19

Corps et adolescence (partie 2)