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La psychanalyse et les situations limites
Agrandir le texte Réduire le texte Carnet/Psy N°187 - Page 36-39 Auteur(s) : Christian Seulin
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Nous sommes réunis à ce colloque en l’honneur de René Roussillon, à l’occasion de son départ de l’Université mais c’est de René Roussillon, psychanalyste engagé, dont je vais vous parler. Le thème des situations limites que j’ai choisi reprend en partie le titre d’un ouvrage de René Roussillon qui fut le premier à proposer cette locution en se situant dans une perspective dynamique qui rompait avec l’abord objectivant des pathologies ou des cas dits limites. Si nombre de travaux fructueux ont porté sur les pathologies limites, des points de vue de la nosographie, du transfert et de la thérapeutique, l’apport de René Roussillon avec les situations limites consiste à considérer que ce qui est limite s’inscrit dans une dynamique du soin dans son cadre et implique autant le patient ou le groupe souffrant que l’analyste. Il s’agit de situations transféro-contre-transférentielles singulières dans un cadre particulier, distinctes de la pathologie en soi du patient. Cette conception vivante et contemporaine de la psychanalyse est aux antipodes des stéréotypes ou des clichés qui la caricaturent. Elle permet de rendre compte de la réalité de l’hétérogénéité du fonctionnement mental de chaque individu mais aussi du poids de la participation comme de la singularité du regard de chaque analyste dans son cadre sur l’approche et la compréhension des enjeux de la demande de soins. Par exemple, une situation limite pourra apparaître lors d’un moment critique en impasse lors d’une cure chez un sujet qui jusque là n’avait pas laissé apparaître  clivages, retours hallucinatoires sensoriels d’un traumatisme, crise dans la transitionnalité ou elle pourra se révéler pour un autre sujet lors d’une seconde cure avec un analyste différent. Mais c’est aussi penser la psychanalyse comme un processus dont le déploiement ne se cantonne pas au cadre classique divan fauteuil de la cure type. Il faut ici dire que certaines impasses limites du travail analytique ne surgissent que dans le contexte de certains setting alors qu’elles seraient restées muettes dans le dispositif classique.

René Roussillon a œuvré pour promouvoir une conception du travail analytique qui tente d’en approcher les fondements, les caractères irréductibles et indiscutables, aussi bien au plan clinique que métapsychologique, mettant en crise les aspects aléatoires ou réservés à certaines conjonctures de la pratique de la psychanalyse. Il s’oppose ainsi à toute réification de la psychanalyse, ce que, du reste, les situations limites bousculent et interrogent. C’est en effet dans ce type de difficultés que la créativité de l’analyste est particulièrement sollicitée. Le premier, après Freud, à s’être questionné sur le traitement des échecs de la cure fut S. Ferenczi, à qui les analystes adressaient les conjonctures rebelles à leurs soins. Bien qu’à la source d’apports considérables et originaux, ce dernier, faute d’avoir résolu son transfert sur Freud et ne disposant pas des connaissances actuelles, n’a pu penser le champ de l’indécidable, de l’informe, du transitionnel. Son attention aux interactions du sujet avec l’environnement premier a permis cependant d’ouvrir la voie à de nombreux penseurs, Winnicott en particulier mais aussi tous les analystes qui ont tenté de penser le contre-transfert, le traumatisme et le clivage. Historiquement et dès 1972, c’est la confrontation aux cliniques difficiles et de l’extrême, les problématiques de mort, de suicide, les populations défavorisées, qui a conduit René Roussillon à s’interroger psychanalytiquement sur les dispositifs de soin et leur adaptation mais aussi à réfléchir la métapsychologie freudienne, ce qu’elle permettait de théoriser et de questionner, comment elle devait se renouveler sans perdre sa consistance et ses acquis dans ces cliniques aux marges, dont le traitement exigeait un abord psychanalytique fort éloigné du classicisme de la cure type. Le talent de René Roussillon est de nous montrer que la psychanalyse définie en 1922 par Freud comme un moyen unique d’accès à l’inconscient, une méthode thérapeutique et une théorie du fonctionnement psychique, demeure actuelle, pertinente et éclaire les pathologies contemporaines, les situations limites, à condition de renouveler notre regard sur l’inconscient, de réinterroger la méthode afin qu’elle soit plus adéquate à son nouvel objet, et d’enrichir les acquis théoriques.

Sur chacune de ces dimensions, René Roussillon a soulevé des questions et fait des propositions. En ce qui concerne l’inconscient, il est nécessaire de prendre en compte le fait qu’il n’y a pas un inconscient mais plusieurs et qu’il convient de prendre la mesure de la coexistence de motions pulsionnelles du ça et de l’inconscient dynamique qui est une structure organisée par les fantasmes et les traces mnésiques. Mais cela veut dire aussi que les processus de liaisons peuvent se présenter sous diverses formes et natures et que le processus primaire et le processus secondaire forment un couple indissociable, évolutif au cours du développement comme singulier en fonction de chaque type prévalent de problématique. La méthode quant à elle mérite d’être questionnée : l’association libre requise chez l’analysant n’est pas à restreindre au registre verbal que débordent largement l’appareil de langage comme la sensori-motricité. De même l’attention en égal suspens doit être mise en cause tant elle peut s’avérer orientée et difficile à dégager du registre de la suggestion. Mais le principal questionnement concerne peut-être ce que produisent les différentes conditions de mise en œuvre de la méthode dans ses déclinaisons variées : psychothérapie d’enfant, à médiation, psychodrame, thérapie de groupe, face à face, divan fauteuil. Le choix de ces méthodes montre pour chacune d’entre elles la mise en œuvre de conditions favorables à l’émergence d’un certain type d’associativité et contient spécifiquement certaines potentialités symbolisantes. Les questions théoriques sont multiples et je n’en citerai que quelques unes : comment penser le transfert et son interprétation ? Comment penser le travail de symbolisation ? Qu’est-ce que la représentation ? Comment concevoir la mémoire et les multiples inscriptions de traces ? Comment articuler perception, hallucination et représentation ? J’ai retenu ces points car ils sont au cœur des questions soulevées par les situations limites.

La démarche de René Roussillon conjoint dans la même dynamique études cliniques et réflexion métapsychologique, sans jamais sacrifier l’écart théorico-pratique garant d’une psychanalyse ouverte sur l’inconnu et non totalisante, non totalitaire. René Roussillon, prenant pleinement en compte les avancées de la seconde topique freudienne, considère que l’espace de la cure permet le déploiement dans les situations limites d’une actualisation dans le transfert des traumatismes primaires du sujet, c'est-à-dire d’expériences qui n’ont pu procurer aucun plaisir, n’ont pu être subjectivement appropriées, symbolisées. L’un des enjeux majeurs sera de permettre une restauration fonctionnelle du principe de plaisir là où régnait la compulsion de répétition. Parmi les nombreux écueils qui surgissent dans les situations limites, les plus difficiles sans doute seront de surmonter la culpabilité primaire, celle d’avoir détruit l’objet premier, de dénouer les modes de liaison non symboliques par le corps, l’interaction, le comportement, de parvenir à un accordage transféro-contre transférentiel suffisant alors même qu’a échoué l’harmonisation primaire des rythmes au sein de la dyade dès le début.

Dans les situations limites, il ne sera pas rare que l’analyste se trouve pris dans un transfert passionnel, expression de secteurs clivés de la personnalité, venant avec acuité exprimer une quête de partage affectif inassouvi, au-delà de la détresse parfois agonistique manifestée. Ce sont dans de telles conjonctures transféro-contre-transférentielles que la qualité de présence et des manifestations de l’analyste sera cruciale pour le patient et le devenir de la cure. Personnellement, ce qui me paraît le plus caractériser le cheminement de René Roussillon, c’est son inébranlable foi en la possibilité d’intelligibilité des situations cliniques rencontrées et la place qu’il donne dans cette intelligibilité à l’objet : l’objet historique, l’objet de transfert, le contre-transfert comme indice et témoin de l’histoire objectale. Et peut-être est-ce cela qui est le plus fondamental dans la démarche et la pensée analytique, celle de Freud tout d’abord : l’épaisseur de l’histoire des liens d’un sujet avec le corps et avec l’autre, leur reviviscence dans la relation thérapeutique à travers le transfert, les potentialités créatrices de l’être humain qui, à partir de la résolution des conflits, de la réduction des clivages et du travail de symbolisation s’affranchit du passé, d’un passé réellement reconnu comme tel et opère de nouvelles synthèses. La pensée de Freud est complexe et il nous montre souvent qu’un même concept ou qu’un mécanisme peuvent avoir plus d’une valence. Ainsi du transfert dont je parlais, qui de résistance est bien vite apparu à Freud comme l’outil le plus puissant de la cure analytique à condition de le manier ou de l’interpréter.

Fidèle à Freud, René Roussillon nous a montré que le paradoxe, suivant en cela D.W. Winnicott, était un mécanisme fondamental et vital aux racines de l’hominisation et de la croissance, tout en prenant la mesure des travaux de D. Anzieu et de P-C. Racamier sur ses formes pathologiques hautement nouées, tragiques et toxiques dans les états limites et les schizophrénies. C’est bien le paradoxe qui assure la chair de ce tissu inter-humain fondamental qu’est la transitionnalité. René Roussillon a démontré la pertinence de cette transitionnalité au sein même des processus psychiques, sa défaillance dans les situations limites, mais aussi les liens des paradoxes pathologiques aux clivages.

Le paradoxe de la transitionnalité conduit à donner toute sa place aux processus de symbolisation, c'est-à-dire à la question de la représentation. Qu’est-ce qui est au fondement même de l’activité représentative ? André Green avait proposé la structure encadrante maternelle définissant un espace et la représentation de l’absence de représentation. Plutôt que cette version « en creux » de l’espace de la représentation, René Roussillon préfère évoquer le registre pré-symbolique de la représentation chose de la représentation, le médium malléable, emprunté au départ à Marion Milner, l’informe malléable utilisable d’où naîtra la forme à travers l’action, l’interaction, le jeu. Pour René Roussillon, le médium malléable permet de « représenter en chose la symbolisation elle-même » (Le plaisir et la répétition, 2001, p.167). Cette représentation chose de la représentation m’apparaît comme la matière première de la créativité, le support matériel qui permet le saut de la reproduction perceptive aux premières symbolisations. Si le modèle du rêve a de très nombreuses fois été invoqué comme référence de l’économie de la cure type lorsque le couple fonctionnel processus primaire, processus secondaire était dans une fonctionnalité organisée sous l’égide de l’Œdipe et des fantasmes originaires, le modèle du jeu, quant à lui se montre heuristique dans les situations limites de l’analyse. L’enjeu est en effet ici celui de recréer des conditions de symbolisation primaire à travers la reviviscence d’une transitionnalité en présence et avec la participation de l’objet de transfert.

Pour René Roussillon, les blessures narcissiques identitaires reflètent dans leur séméiologie singulière l’une ou plusieurs formes de l’échec des qualités de médium malléable de l’objet premier. Pour lui, le patient vient présenter l’attente d’un jeu qui n’a pu aboutir avec ses premiers objets. Dans le jeu, l’opposition entre l’acte et la représentation est suspendue. Le paradigme du jeu, distinct du jeu manifeste mais bien plutôt jeu latent au sein d’un processus transitionnel, favorisera la renaissance du principe de plaisir et sa domination, et permettra de « donner du jeu » pour la symbolisation. L’actualisation dans la séance, à travers la répétition, de types particuliers de propositions de jeux dans le transfert vient signer l’échec de la réponse de l’objet en tant que médium malléable. Le patient vient répéter avec l’espoir d’une transformation, c'est-à-dire d’une réponse de l’analyste distincte et différente de la réponse historique de ses objets. Pour R. Roussillon, à la suite de Freud, le principe de plaisir est une conquête qui s’étaye sur la répétition. Francis Pasche a pu qualifier la compulsion de répétition d’instinct de la pulsion. Mais ce qui se répète, en quête de symbolisation, dans le champ transféro-contre transférentiel, peut aussi se répéter dans un transfert par retournement dans lequel le patient fait vivre à l’analyste ce qu’il a historiquement vécu avec l’objet. Cette conception que défend R. Roussillon fournit également un appui théorique à l’analyste pour pouvoir endurer, car il leur donne un sens, des éprouvés d’agonie, de détresse, de déréliction, d’ennui, de rage suscités par la rencontre avec le patient. Pour lui, la pulsion est messagère. Ces messages sont les signes d’un langage qui s’étend bien au-delà du verbe et s’exprime par les états du corps, par l’acte, par toute la sensori-motricité.

Freud croyait à la conservation inaltérable dans l’inconscient des traces des expériences vécues par le sujet. René Roussillon se situe dans cette perspective quand il considère que vient se répéter avec fidélité l’histoire de la rencontre avec l’objet comme les défaillances de l’objet dans ses réponses. Ainsi, dans les situations limites, les agirs, les débordements d’affects passionnels, les éprouvés quasi-hallucinatoires, les expressions chaotiques vont devoir être endurés et compris par l’analyste, à moins que le gel des affects et de la pensée ne vienne défensivement tenter de le paralyser. Ce climat de la séance dominé par l’archaïque et la force pulsionnelle, à moins que ce ne soit par la défense contre, s’articule avec la conception de l’importance thérapeutique dans les interventions de l’analyste de la méta-communication sur ce qui se déroule dans l’interaction analytique, ce regard tiers dont D. Anzieu avait souligné l’efficience dans le traitement des impasses paradoxales de certaines situations limites de la cure. C’est bien l’objet et plus tard l’analyste dans le traitement qui est le vecteur, l’agent catalyseur de la symbolisation, ce que René Roussillon désigne et décrit comme la fonction symbolisante de l’objet. Cette fonction symbolisante de l’objet va opérer dans les registres les plus divers. Ainsi, il s’agira de symboliser la rencontre primaire avec l’objet, la représentation de chose en tant que symbolisation primaire et c’est ici que la place de la transitionnalité entre dedans et dehors est cruciale. Viendra ensuite la représentation de mot comme symbolisation secondaire, mais l’objet permettra aussi la symbolisation de l’affect. Dans toute la gamme des sensations, des émotions, de la passion et des sentiments, c’est l’objet qui permettra de symboliser l’affect, de passer de l’affect passion à l’affect signal, c'est-à-dire d’un affect déferlant, automatique à un affect réfléchi. René Roussillon reprend ainsi le modèle freudien de l’angoisse pour le généraliser à tous les affects.

L’objectif de la cure, en particulier dans les situations limites, est que le patient puisse certes s’entendre à partir du travail de symbolisation verbale, mais aussi et surtout qu’il puisse se voir grâce à la symbolisation de la représentation de chose dont on connaît la prévalence visuelle. Cet ensemble repose sur la capacité de se sentir, dans le registre des pré-symbolisations corporelles, sensorielles. S’entendre, se voir, se sentir, autant de facettes de la réflexivité qui repose d’abord sur l’objet miroir, à la fois même et différent, dans le lien homosexuel primaire au sujet. Il faudrait peut-être adjoindre aux propositions de René Roussillon la réflexivité issue de l’écart entre le moi et le surmoi, un surmoi remanié dans le cure, dégagé des inclusions imagoïques aliénantes, qui viendra dès lors incarner l’intériorisation des objets oedipiens et témoigner d’une topique suffisamment achevée. Comme nous l’avons dit, l’enjeu des situations limites se définit moins par des caractéristiques cliniques « objectivables », vues du dehors, que par l’apparition d’une tension qui pousse le cadre comme l’intelligibilité aux limites des possibilités de travail du couple analysant-analyste. D’emblée la perception « limite » de la situation par l’analyste témoigne pour René Roussillon de l’actualisation d’une conjoncture historique marquée par l’échec de la réponse de  l’objet et par un appel à la symbolisation.

Mais cette répétition et le recours inévitable au paradigme du jeu par un analyste qui s’implique, se compromet, s’engage dans cet « entre je », jonction de deux aires de jeu, soulève la question de l’influence, de la suggestion et exige donc de l’analyste une rigueur dans l’analyse à jamais achevée de leurs présence et de leurs effets. Les plus redoutables de ces séductions sont pour René Roussillon la séduction narcissique et la séduction surmoïque. Reprenant la formule de Freud dans Deuil et mélancolie, « l’ombre de l’objet tombe sur le moi », c’est bien d’un impensé, d’un insu de l’analysant, à savoir que son moi lui est étranger, infiltré par l’objet, assimilé à la négativité de l’objet et qu’il ne peut que le méconnaître pour défendre son narcissisme, que René Roussillon propose de faire apparaître la scène première de cet empiètement, de cette aliénation. La mélancolie n’est-elle pas au cœur des problématiques limites ? Si la crise mélancolique précipite le naufrage du moi, c’est un moi qui meurt pour ne pas perdre l’objet, sa face sombre et négative dont il n’a jamais pu se distinguer. L’accrochage souvent haineux à l’objet que l’on observe dans les situations limites reflète cette impossibilité de se différencier, de perdre l’objet premier agglutiné au moi. Impossible à perdre car non représenté. Pour perdre il faut que ce soit opéré ce troc extraordinaire de l’objet en chair et en os pour la représentation symbolique. Et ici, René Roussillon propose un renversement de perspective par rapport au classicisme de la position freudienne, à savoir que la représentation naît de l’absence, en proposant que la représentation naît d’abord en présence de l’objet, que cette étape est primordiale et que ce n’est que secondairement que la représentation se fait en l’absence de l’objet. Ce qui suppose de penser la conjonction de la perception et de l’hallucination. Cette proposition vient enrichir la proposition de Winnicott concernant la capacité d’être seul en présence de l’autre.

Mais comment entendre, percevoir, sentir ces traces des interactions premières ? La méthode freudienne repose sur l’association libre et l’attention également suspendue. René Roussillon élargit la perspective freudienne. Freud n’avait fait que brièvement mentionner l’attention portée aux manifestations non verbales même s’il avait légitimement insisté sur la répétition en lieu et place de la remémoration. René Roussillon nous dit qu’on ne peut penser uniquement en référence à un seul mode associatif, le mode verbal, privilégié par Freud dans le cadre de la cure psychanalytique classique d’une économie névrotique. Il souligne que le patient associe dans d’autres registres et par d’autres modes que les mots : le langage du corps, le langage de l’affect, le langage de l’acte, le rythme, le style, la prosodie, sont autant de voies associatives à décrypter et à symboliser dans un travail de co-construction analysant-analyste.
Il n’est pas de patients qui n’associent pas.

Ce dernier vient aux séances et y vient pour signifier quelque chose, pour témoigner et pour transmettre un message resté en souffrance, à traduire et à élaborer. René Roussillon sait communiquer à propos des conjonctures les plus difficiles, la gravité, l’enjeu souvent vital de ces situations, en même temps que sa réflexion claire et ses avancées sont parmi celles qui procurent le plus de plaisir pour l’esprit. Il démontre sans cesse l’actualité et la modernité de l’approche psychanalytique, sans perdre de vue le souci d’articuler son propos à ceux des autres champs scientifiques, en particulier des neurosciences. Je tiens ici à dire aujourd’hui que je lui suis personnellement extrêmement reconnaissant de la richesse stimulante de ses travaux et à lui témoigner mon amitié.