La Revue

Le statut
Agrandir le texte Réduire le texte Carnet/Psy N°154 - Page Auteur(s) : Robert Willimas Higgins
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Un médecin entre dans la chambre d’un malade atteint d’un gliome cérébral. L’homme pleure, les soignants sont au bord des larmes, il lance : « Arrêtez votre sensiblerie, ce n’est pas lui qui pleure c’est sa tumeur » ! Mais le lendemain il pourra dire à ce même malade qui lui confie qu’il « en a marre », et devant les mêmes soignants : « Votre femme aussi en a marre » ! Quel est le statut de ce mourant considéré un jour comme une chose, et le lendemain comme un « mauvais sujet » qui use mal de son autonomie et tarde à mourir ? Quel est aujourd’hui, dans nos sociétés ultramodernes et managériales, dominées par le positivisme de la Science, de la Technique et de l’Économie, et la célébration de l’autonomie de l’individu, le statut du « mourant » ?  Interrogation nécessaire, exigible. Les soins palliatifs par exemple – pour ceux trop rares encore, qui peuvent en bénéficier – ne sont pas qu’un progrès, une sollicitude, à l’évident bien-fondé. Entrer dans la chambre du mourant, contrôler sa douleur, veiller à son confort, affirmer qu’il y a « quelque chose à faire », vouloir arracher le mourant à cette solitude décrite par Norbert Elias 1, et ressentie par les soignants bien avant les médecins, est, certes, un progrès incontestable. Mettre à sa disposition, à celle de son entourage et de ceux qui le soignent, l’écoute de psychologues, est certes « une bonne chose », mais pas seulement.

À un autre niveau, plus fondamental, la sollicitude palliative, comme le mouvement en faveur de la légalisation de l’Euthanasie, sont pris dans le montage contemporain de la mort 2, une logique commune, qui commande au sens de leur action. Et qu’il convient de démonter, ne serait-ce que pour « ne pas en remettre », comme je le dis souvent à mes étudiants, mais surtout pour mieux dégager la spécificité des soins palliatifs et leur « mission » dans la conjoncture culturelle de notre temps, et ne pas en rester notamment à une vision quelque peu floue qui se confie trop exclusivement à « l’affectif », et néglige le contexte.

Psychologisation et « Mise en science ».
La « mort exception »


Le statut donné au mourant par ce montage est essentiellement psychologique. La psychologie de la mort en est structurellement marquée et ne peut se réduire en effet à la psychologie du mourant, ni à la façon dont les psychologues peuvent accueillir son vécu, ses fantasmes, ses angoisses, ses manifestations dépressives, et ceux des soignants. Il convient d’apprécier conséquences et implications de l’actuelle psychologisation de la mort, du mourir et du mourant. Dire que cette psychologisation imprègne profondément les représentations collectives que nous en avons serait sans doute une erreur, car elle est liée justement à notre déficit contemporain de représentations collectives - comme de formes rituelles véritablement « vivantes », qui en permettraient le partage - de la mort, de notre finitude et de notre vulnérabilité communes 3, déficit qui structure, non seulement la psychologie des mourants, et la difficulté des proches et des soignants à envisager la mort, mais aussi celle de nous tous, de chacun de nous. Plus que d’une psychopathologie, on pourrait parler d’une sociopathologie, de la mort.

La psychologisation de la mort, pièce essentielle de « l’invention du mourant », est inséparable d’une longue histoire scientifique et culturelle qui aboutit au statut d’exclusion, et, plus encore d’exception, qui est celui du mourant aujourd’hui, et qui souterrainement l’isole et l’enferme dans une solitude peut-être plus radicale encore que celle à laquelle on prétend l’arracher en l’accompagnant dans son mourir, par la sollicitude palliative ou la compassion euthanasique.

Il est si l’on veut « un malade », mais bien particulier, « pas comme les autres », relevant d’une prise en charge spécialisée, ou de l’appel à l’euthanasie. Ou bien en « soignant la mort », on tend, de façon imaginaire, à l’« irréaliser » dans la « maladie exceptionnelle » du mourant, et le « traitement » de « privilégié du malheur » 4 qu’on lui offre, ou bien, du côté de l’euthanasie, par la « décision », on prétend « effacer », comme un verdict, le réel de la mort, en le subvertissant par la maîtrise, et le mourant n’a d’autre statut que celui d’un être qui doit mourir, sa vie n’ayant « plus de sens », « ne valant plus d’être vécue ». Au lieu du « Tous », du « Tous les hommes sont mortels » du célèbre syllogisme d’Aristote, appuyé sur le fond d’exception de l’immortalité des Dieux, qui venait bien marquer que « nous tous » étions mortels, une communauté d’êtres promis à la mort, nous avons une division, imaginaire certes mais aux effets bien réels : il y a d’un côté les vivants, de l’autre les mourants.

La Mort elle-même, aujourd’hui, nous est représentée, ou plutôt présentée, comme une exception, et fonde l’exclusion du mourant. La mort quotidiennement montrée, assénée médiatiquement, la mort ultramoderne, a toujours le statut d’un événement qui aurait pu être évité « Si »… un des médecins du général Franco déclarait après sa mort : « On aurait pu le sauver organe par organe… ». La mort a été « mise en science », et n’est plus « mise en scène » (au sens le plus positif) par des fictions, des gestes et des chants. Nous mourons désormais pour la Science. Cette « mise en science » de la mort peut être datée, du 12 avril 1740, jour où, à la Sorbonne le jeune médecin, Léandre Péaget, soutient sa IVème thèse quodlibétaire 5 sur le sujet suivant : « Les épreuves chirurgicales sont-elles des signes de mort incertaine moins incertains que les autres procédés » ?

Mise en science de la mort qui bouleverse tout le montage symbolique, la « mise en scène », disons chrétienne de la mort - séparation instantanée, notamment de l’âme et du corps - que cette mise en science va tendre à remplacer, par la mort processuelle, partie par partie. Mais la science est symboliquement infirme à inscrire véritablement la mort comme indissociable de notre humaine condition. Le mourant ne peut plus être pensé que comme une victime de la mort, victime aussi des angoisses que cet accident extérieur, théoriquement évitable, lui fait vivre et qu’il faut secourir « psychologiquement ». Nous pouvons saisir là le lien entre ce « traitement scientifique de la mort » et deux choses que nous pouvons toucher du doigt aujourd’hui, le déclin de la mort comme « Question », comme « ce que nous avons le plus en commun 6 », et cet autre fait que la mort devienne aujourd’hui un « problème », et qui, comme tout problème doit trouver une solution, une solution essentiellement psychologique !

Privatisation

La place que prend la psychologie dans ce nouveau montage de la mort, n’est pas un hasard. Elle déborde son indéniable pertinence clinique et est, avant tout, logique.  Ce sont la « mort intime » et l’accent mis sur « le relationnel » qui opèrent l’effacement d’une véritable symbolisation de la mort, et l’impossibilité de donner au mourant une vraie place symbolique et collective.

La psychologisation de la Mort est indissociable d’une privatisation de son statut, terme à entendre dans ses multiples acceptions. La mort reste bien une affaire publique, l’État « s’en occupe », mais dans un dispositif qui prescrit que, pour chacun des mourants, sa mort soit bien à lui, et relève de son « autonomie », de sa responsabilité. Autonomie dont Jean-Pierre Le Goff 7 a bien montré le paradoxe, car elle est « prescrite », et transfère au sujet des responsabilités qui relèvent d’instances collectives. Les militants de l’euthanasie, eux, insistent sur le « choix », l’exigence que chacun doit être « propriétaire de sa mort ».

Les « psys », mobilisés au chevet du mourant, défendent, on veut le croire, le sujet et sa singularité contre la médicalisation de la mort, mais, à un autre niveau, plus fondamental, ils peuvent apparaître comme les préposés à la privatisation de la mort, comme des instruments essentiels dans l’opération de conversion de la mort en un problème psychologique et une affaire privée.
La « mort intime 8 », une personnalisation affichée, envers la « place » d’exclu du mourant, cache l’oubli de ce qui de notre humaine condition, comme l’écrit le philosophe Emmanuel Lévinas, se préserve dans l’anonymat 9. », comme le fait le rite par exemple. Oubli que « Je est aussi le singulier d’un nous 10 ». Mort « privée », oui ! Le mourant est « privé », au sens où l’entendait Hannah Arendt, « privé de… ». Privé de la vérité, par exemple, et très souvent. Freud déjà s’en alarmait : « Où en est arrivé l’individu et combien faible doit être la religion de la science - celle que l’on suppose avoir remplacé la vieille religion - pour que nous n’osions pas faire savoir à celui-ci ou celle-là qu’il est sur le point de mourir… Le chrétien, du moins, se fait administrer quelques heures auparavant les derniers sacrements ». On peut songer ici à l’Ivan Illitch de Tolstoï, que les siens, qui lui mentent, considèrent comme quelqu’un qui aurait « changé d’essence depuis qu’il est passé du côté des mortels ». Seul Guérassim, le moujik, lui fait une place et lui apporte un soulagement en posant ses jambes sur ses épaules, et plus encore en disant à Illitch qui craint de lui prendre son temps : « Non, c’est normal, vous allez mourir, on fera la même chose pour moi quand ce sera mon tour ». Ce mensonge des siens, c’est aussi que nous ne savons plus distinguer vérité scientifique, information, et vérité humaine.

Faute de représentations, de pratiques communes qui nous en offrent une mise en scène, nous ne pouvons plus, nous ne savons plus mourir. « (La Mort) a perdu sa faux et son horloge, elle a perdu les cavaliers de l’Apocalypse et les jeux grotesques et macabres du Moyen-Âge... par où la mort s’échangeait encore… comme phantasme collectif au fronton des cathédrales ou dans les jeux partagés de l’enfer… Sa disparition dans l’imaginaire n’est que le signe de son intériorisation psychologique, quand la mort cesse d’être la grande faucheuse pour devenir l’angoisse de mort », écrit Jean Baudrillard 11. La mort ne se partage plus, ne s’échange plus symboliquement, mais elle est devenue l’« équivalent général… (devant lequel) chacun est seul ». La mise en science a non seulement privatisé la mort, pour la rendre conforme à l’idéal d’autonomie, au refus de toute dépendance, elle l’a mise au rang de « toutes ces choses appréhendées comme produites »12. Comme les biens matériels dans le mode capitaliste, dont l’accumulation infinie voudrait l’abolir, la mort elle même ne peut plus être pensée que comme production, comme produite elle aussi. Mesurons-en la portée : de façon latente, la mort tend à ne pouvoir être envisagée que comme meurtre ou comme suicide. Elle n’est plus ce qui nous arrive, inéluctablement, nous arrivera, à tous. En ce sens, l’offre d’euthanasie est une offre logique, elle aussi ! Et la mort nous hante.

L’enjeu même du terme - et de la catégorie - de « mourant » est, aujourd’hui, en effet décisif. Radicalement différent de celui d’expressions comme « Untel est dans état critique », « Il n’en a plus que pour quelques jours », « Il ou elle est proche de sa fin », dont le terme de mourant pouvait auparavant être synonyme. L’entrée dans l’ensemble particularisé des « mourants » ségrègue celui qui va mourir, l’écarte, l’exclut dans une sorte d’apartheid, au lieu que les expressions précédemment citées laissaient entendre au moins implicitement que le sort de celui dont on parlait - autrefois, il y a vingt ans encore ! - dans ces termes, est le sort de tous, de moi qui en parle comme de l’autre à qui j’en parle. On dit par exemple de lui qu’il est un « vivant jusqu’au bout », témoignant par là, comme par une dénégation, que son statut n’est plus celui de quelqu’un de vraiment vivant, car, en même temps, il est par définition, par construction, et cela est le plus souvent méconnu, anticipé comme mort, « déjà mort ». Condamné même, dans le cas de l’euthanasie - c’est en ce sens que ses partisans ont raison de ne pas y voir un meurtre, mais c’est qu’il a eu lieu « avant ». L’anticipation pronostique, médicale de sa fin, et la réduction de sa condition à celle-ci est un des opérateurs essentiels de sa séparation d’avec les vivants. « L’objectivité » de son état, assassine les métaphores, notre seule façon de pouvoir signifier humainement la mort, de la relier à l’humanité qui s’y fonde. Enjeu d’importance si l’on considère comme Pierre Legendre que « la métaphorisation de la mort est le point central quant à l’équilibre rituel d’une société, autour duquel gravitent les représentations abritant le vide qui soutient l’ultime pourquoi ? de l’homme 13 ». Quelle métaphorisation de la mort pour nous aujourd’hui ?

Le mourant  : une métonymie de la mort

Ce qui nous est offert, avec ce statut du mourant est bien plutôt une métonymie de la mort, une symbolisation ersatz de la mort. L’aide légitime que le mourant reçoit aujourd’hui ne saurait faire oublier que, sur un autre plan, il est essentiel qu’il soit assigné à cette place de victime de la Mort, pour établir la Mort comme « exception » et pouvoir, imaginairement, la « guérir », selon l’expression de Ménuret de Chambaud 14. Faire oublier qu’elle est de l’ordre d’un réel irrémédiable.

« Le mourant » est héroïsé positivement, corollaire inverse de son statut de victime et d’exclu. On peut d’ailleurs généraliser le propos : notre société propose aujourd’hui trois modèles de mort héroïque et médicale, se battre jusqu’au bout, offrir sa mort, euthanasié, sur l’autel de la toute-puissance médicale, ou, c’est la version palliative, accepter et parler sa mort. Le mourant est idéalisé, mis à une place de « maître de Vie », non pas en raison du courage manifesté par tels ou tels patients, le mourant est modèle « comme tel ». Il est « objet d’horreur » pour les partisans de l’euthanasie, mais sa mort volontaire le mue en héros. S’il est victime et modèle, c’est en raison d’une logique plus profonde encore.

L’émergence de cette nouvelle catégorie de mourant a, en effet, des enjeux anthropologiques de portée considérable. La mort devient, avant tout, l’affaire des « mourants », « sujets d’exception », par rapport au lot commun. Philippe Ariès (L’homme devant la mort, 1977) a décrit le passage de la « mort événement collectif » à « la mort de soi », puis à « la mort de toi » romantique, et à la « mort interdite », ou « ensauvagée » d’aujourd’hui. Ce mouvement d’individualisation, de privatisation de la mort s’achève, aujourd’hui, de façon perverse par la mise de la mort « en » l’autre. Mettre la mort, toute la mort, pourrait-on dire, en l’autre, dans le mourant, pour qu’il l’emporte avec lui, nous en délivre. Comme si l’on voulait, par ce transfert, cette délégation, enfermer la mort elle-même dans « le mourant », en expulser le poids et le sens collectif, en lui, le déjà exclu de la communauté des vivants par le terme qui l’en sépare. Il faut entendre ce mot de « mourant » avec toute la force du participe présent substantivé, comme on peut parler de « l’officiant », du « fabricant », du   « militant », comme s’il était le seul à mourir, ou mourait « pour nous », comme si  nous le chargions de nous délivrer de la finitude et de notre douleur d’exister, de porter, seul, toute l’affaire de la mort.

La mort exclue dans et par le mourant, par l’exclusion du mourant. Il s’agit là d’une place qu’il faut bien dire sacrificielle. Qui permet à chacun et à tous, de croire pouvoir mettre de côté la finitude que la mort pouvait nous rappeler, et ce, au prix d’une projection, et de l’incarnation de celle-ci dans le seul mourant. Mouvement radicalement opposé à celui qui pouvait faire écrire à Freud : « C’est au pied du cadavre que prirent naissance les premiers commandements moraux ». Des « revenants »… à l’émergence d’une « culture du soin » et de la vie fragile

La scène que l’on veut croire « réaliste », médicale et psychologique, où nous enfermons le mourant, congédie la mort réelle, qui ne peut être que re-présentée, par des fictions et des rites. Le Réel de la Mort n’est plus qu’une abstraction. Le grand dramaturge anglais Edward Bond a pu écrire : « L’abstraction c’est Auschwitz ». Et nous avons le devoir de nous demander ce que l’invention du mourant et le statut que nous lui donnons doivent à notre Histoire, aux massacres de masse rendus possibles par la Science, et commis en son nom.

Le statut du mourant ne serait-il pas d’autant moins capable de donner une place à l’impossible de la mort, et encore moins de constituer un nouveau rite de mort que « l’invention du mourant » serait une répétition, un retour, en une manière d’exorcisme ou de conjuration - comme s’ils en étaient les revenants - de tous ces morts de masse dont le deuil nous reste impossible, des victimes de ces massacres où déjà s’accomplissait notre refus de l’impossible, de l’autre et de la mort ? Expulsion sur les mourants de la Honte liée à la mort de masse de la première et de la seconde guerre mondiales, à la Shoah, aux Camps, de cette destruction de l’humain  scientifiquement,  industriellement organisée, depuis 1914 - 1918, de cette rupture généalogique qui s’y est associée ? Les mourants sont mis à cette place d’exception, car ils nous rappellent ce deuil qui nous est resté impossible et nous signifient une finitude que nous ne savons plus nous représenter « en commun », que nous ne pouvons plus qu’expulser en eux, après ce désastre, qui a pu être qualifié de « pire que la mort », nous qui, le portons en nous, à jamais.

Terminons en évoquant l’émergence actuelle d’une contreculture du Soin, du « Care », dans laquelle les soins palliatifs, pourraient trouver le sens de leur mission, et le moyen d’échapper à une pure gestion « psychologique » et privée de la mort au prix de ce statut d’exclusion du mourant. Le court-circuit de la demande d’euthanasie, comme les insuffisances des soins palliatifs nous invitent à inventer de nouvelles réponses à des exigences anthropologiques. L’homme ne vit pas seulement d’informations objectives. Ces réponses, comme la place de la mort sont moins à retrouver ou à restaurer qu’à découvrir dans ce qui nous fait signe aujourd’hui, dans le Soin, le prendre soin, l’importance que leur Référence prend dans la conjoncture culturelle actuelle 15. C’est là que nous est rappelée, aujourd’hui, autravers de la vulnérabilité, de la vie fragile, notre finitude, et que la mort nous est présente. Contreculture qui dit non à une culture de mort, qui pour croire pouvoir l’ignorer l’expulse dans le mourant.

Notes

1- Norbert Elias, La solitude des mourants, collection Détroits, Christian Bourgois, Paris 1987.
2- R. W. Higgins, « L’invention du mourant. Violence de la mort pacifiée », Esprit, janvier 2003. « Le statut du mourant », in R. W. Higgins, Jacques Ricot et Patrick Baudry, Le Mourant, Nantes, M-editer, 2007 (diffusion PUF Paris).
3- Voir notamment les ouvrages « classiques » de Ph. Ariès, M. Vovelle, G. Gorer, E. Morin, P. Baudry… mais également les vues très éclairantes que l’on peut trouver dans les œuvres de J. Baudrillard, P. Legendre, ou I. Illich.
4- Expression que Pierre Legendre emploie, à propos des mineurs délinquants, dans Les Enfants du Texte, Fayard, 1992, Paris.
5- Claudio Milanesi, Mort apparente, mort imparfaite. Médecine et mentalités au XVIIIe, 1991, Payot, Paris. Le remarquable travail de Pascal Hintermeyer, Politiques de la mort, tirées du Concours de l’Institut Germinal an VIII Vendémiaire an IX, Paris Payot 1981, montre l’aboutissement politique de cette mise en science, sur le plan hygiéniste, utilitariste et idéologique, dans son étude sur les mémoires rédigés pour le concours sur les funérailles et les sépultures organisé par l’Institut de France, au printemps 1800, à la demande de Lucien Bonaparte, ministre de l’Intérieur.
6- J.L. Nancy, La communauté désœuvrée, Paris, Christian Bourgois, 1983.
7- J-P Le Goff, La barbarie douce, 1999, La Découverte, Paris 1999.
8- Marie de Hennezel, La mort intime, préface de François Mitterrand,1995, Laffont, Paris.
9- L’appel nominal, dans le camp « extermine les prisonniers de l’anonymat commun ». Cité par P. Baudry, La place des morts, Armand Colin, Paris 1999. Ceci rejoint ce que Giorgio Agamben appelle la « singularité quelconque », et qui n’est rien d’autre que notre commune humanité.
10- Expression d’Ivan Illich, in I. Illich & D. Cayley, La corruption du meilleur engendre le pire, Actes Sud, 2007.
11- Jean Baudrillard, L’échange symbolique et la mort, Bibliothèque des Sciences Humaines, N.R.F. Gallimard, Paris 1976.
12- Olivier Rey, Itinéraire de l’égarement, Du rôle de la science dans l’absurdité contemporaine, Le Seuil, Paris, 2003.
13- P. Legendre, La 901ème conclusion, Fayard, Paris 1998.
14- Auteur de l’article « Mort », dans le volume X de L’encyclopédie de Diderot et d’Alembert, 1767.
15- Cf. notre article, Le soin un défi de culture, Esprit, juillet 2010.