La Revue

L'attente
Agrandir le texte Réduire le texte Carnet/Psy N°152 - Page 28-35 Auteur(s) : Catherine Chabert
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« Ce livre explore les principales modalités de ce que Freud, dans une de ses toutes premières définitions de la psychanalyse, a appelé “le royaume de l’intermédiaire”. Autant de variantes de l’entre-deux : entre le masculin et le féminin, entre le savoir et le fantasme, entre l’enfant et l’adulte, entre le mort et le vif, entre le hors de soi et la présence à soi. La vie psychique est ici décrite entre deux pôles : l’expérience du rêve, cet événement de la nuit d’où peut naître la parole, et la connaissance de sa douleur qui fait silence ou cri ».

Cette proposition de J.-B. Pontalis s’inscrit d’emblée dans l’entre-deux, dont la première qualité, à l’instar de l’objet transitionnel de Winnicott1, est justement, non seulement de n’appartenir ni à l’un, ni à l’autre, mais de ne pas même se prêter à la question de son appartenance. A partir de l’entre-deux, c’est vers l’attente que je souhaite m’orienter  sans que je sache très bien où celle-ci peut nous conduire, ne serait-ce que parce qu’elle n’est pas un concept analytique au sens plein du terme. Il m’a semblé que, à travers cette expérience à la fois riche et douloureuse, cette expérience fondamentalement humaine, je pouvais chercher l’empreinte de Winnicott, bien sûr à travers l’aire transitionnelle qui sert de creuset à toute forme de création et dont on peut penser, justement, qu’elle est partie constituante de la capacité d’être seul et donc d’attendre, en l’absence de l’objet. Mais je souhaite également aller ailleurs, du côté de la différence, non seulement entre dedans et dehors, moi et autre mais aussi entre masculin et féminin, et revenir, à cet égard - le thème de ce colloque oblige - aux propositions de Winnicott, dans une perspective plus critique, concernant ce qu’il appelle l’élément féminin et l’élément masculin, et surtout le féminin pur, essentiellement pour tenter de comprendre, pourquoi, pour certains analystes, l’usage de l’œuvre de Winnicott a pu porter un coup à la psychanalyse freudienne.
Commençons par le début, et par ce motif de l’attente qui s’offre justement pour se saisir de configurations plurielles - aussi bien dans les échanges de l’infans avec son environnement, la mère ou son substitut, que dans la situation paradigmatique du complexe d’Œdipe. L’attente donc, entre-deux, et/ou entre-eux-deux.

Je savais bien que Freud avait évoqué plusieurs fois la notion de représentation d’attente, mais au moment où j’ai commencé à écrire mon exposé, j’étais loin de Paris et je n’avais pas emporté avec moi les Œuvres Complètes ! J’étais donc privée d’un ancrage possible, un échafaudage indispensable pour moi au départ, je me trouvais sans le soutien compliqué mais sûr de la métapsychologie qui accompagne substantiellement la méthode et la clinique analytiques. J’ai pensé alors me laisser emporter par la littérature : je pourrais m’offrir ainsi un détournement temporaire de la réalité clinique, de l’attraction et de la cruauté du transfert. Je trouverais davantage de liberté dans la construction d’interprétations concernant les héros - ils n’opposent pas de résistances ! Davantage de liberté aussi puisque le destin de ces personnages fictifs a été tracé, décidé, établi par l’auteur… Une libération du transfert, une suspension qui permettrait de surplomber le phénomène et de le transformer psychiquement par la grâce de la littérature…

Elle a trente ans et sa vie terne et morose ressemble à une longue plaine sans horizon. La mort de sa mère, quelques mois plus tôt, ne l’a pas libérée d’une enfance feutrée, sage,  bornée d’un côté par une surprotection apeurée contre le monde et de l’autre par une immense solitude : sa langue infantile n’a jamais été entendue ou comprise par ses parents, trop occupés d’eux-mêmes et de leur couple pour pouvoir se pencher vers elle. L’écriture est son seul espoir. Elle s’y livre avec passion et l’attente la berce : un jour, elle sera publiée, lue, reconnue. Sa tension et son excitation lui font anticiper une jouissance extrême grâce à la foule de partenaires anonymes qui l’accueilleront enfin et lui accorderont la place qu’elle n’a jamais obtenue. « Ecrire est le moyen de me faire entendre. De rappeler aux autres que je suis là. Et quand j’ai disposé mes personnages, pillé mes réserves d’images, et que j’ai dépouillé les uns et les autres de toute la tristesse que je peux ressentir, alors il m’est possible de brancher le courant qui me permet, quand je m’y mets, d’écrire si facilement et de faire rire les gens.(…) Si j’étais davantage aidée par mon aspect extérieur et ma manière d’être, je communiquerais le message personnellement. Je dirais : “ Et moi ?… Et moi ? ” Un jour, le décor change, comme au hasard d’une rencontre. Frances est adoptée par un jeune couple, brillant et joyeux, sans inhibition ni contraintes, séducteur, provoquant, fantaisiste… « La première fois que j’ai vu Nick et Alix ensemble, j’ai eu l’impression d’assister au triomphe des théories du XIXème siècle sur la sélection naturelle (…) Leur présence physique, on pourrait presque dire leur gloire physique, était tellement suffocante que je me suis immédiatement sentie faible et pâle, pas décadente, mais sous-alimentée, privée des forces les plus puissantes de la vie, condamnée aux pièces sombres, aux repas frugaux et à une existence rampante, appropriée à ma condition de faiblesse, qui me permettrait de décliner doucement jusqu’à l’extinction ».

Elle ne sait pas lequel, de l’homme ou de la femme, lui plaît le plus, elle tombe amoureuse des deux. Le regard de ses nouveaux amis, leur attraction, déclenchent une révolution : découverte d’une nouvelle dimension d’elle-même, révélation de tout ce qui, jusqu’ici, s’était endormi dans les limbes… Elle laisse son esprit jaillir et son humour déjà féroce se fait tout à coup enjôleur et drôle, elle devient  jolie et dévoile une élégance raffinée. Elle méconnaît l’emprise dont elle est la proie même si son discours latent trahit l’ombre insidieuse d’une menace vague et enveloppante.

Elle abandonne l’écriture.

Une nouvelle rencontre amoureuse la sauvera-t-elle des  dangers qu’elle encourt en se jetant  éperdument dans le piège qui risque de la briser ? Comme elle, James est seul, comme elle, il a été meurtri par un premier amour, comme elle, il est tout dévoué à sa mère. C’est là, pourtant, que très précisément, le déroulement en apparence heureux de l’histoire prend un tour subtilement décisif : promenades main dans la main malgré le froid de l’hiver, tendres baisers…La relation amoureuse reste curieusement platonique. Frances ne s’en plaint pas, trouvant là un apaisement réparateur, un baume pour l’ancienne blessure toujours douloureuse dont elle garde jalousement le secret de l’humiliation inguérissable. Le couple ami, et surtout Alix qui, au départ, avait favorisé l’idylle, s’inquiète de son caractère chaste et cette inquiétude attentive se transforme rapidement en dérision, moquerie puis en mépris ; les uns comme les autres servent en fait de prétexte à ce que le couple - mais surtout la femme, encore - éprouve comme une traîtrise : le nouage d’une relation en dehors d’eux, nouage qui menace l’emprise dont ils se nourrissent et qui leur permet de vivre et de maintenir leur propre lien. La suite est catastrophique : lorsque Frances prend conscience de la situation, son amoureux est perdu, détourné d’elle, définitivement, et elle assiste, impuissante et effrayée aux débordements de ses désirs sensuels pour une autre. Elle se retrouve seule, inéluctablement, pour toujours. Elle se remet à écrire.

Si je reprends le synopsis du beau roman d’Anita Brookner, Regardez-moi, c’est, en première approche, parce qu’il me paraît soulever des questions essentielles, dans la limpidité de son déroulement, quant aux liaisons entre narcissisme et perversion dans la mesure où le destin narcissique des identifications et du mode de traitement de la perte en constitue la trame. La seconde approche mettrait plutôt en évidence le caractère peut-être incongru de ce préambule par rapport aux chapitres qui vont suivre mais il s’est imposé à moi, sans doute parce que le détour par la littérature m’a permis d’emprunter une voie plus métaphorique, plus rêveuse, et  donc fictive dans des contextes transférentiels de cures particulièrement enlisées dans l’actualité et la factualité.

Le contenu manifeste de l’intrigue romanesque - car il ne s’agit pas d’un conflit, seulement d’enjeux narcissiques majeurs - pourrait évoquer une relation d’emprise marquée par la cruauté et le sado-masochisme : l’héroïne occuperait alors une place de victime innocente, naïve, emprisonnée dans une recherche éperdue de reconnaissance et d’amour, incapable de déchiffrer une langue sexuelle, perverse (adulte ?) et finalement vaincue par elle, définitivement enfermée par les forces d’un destin tragique dont la forme appelle sans équivoque ce que Freud décrit à propos du masochisme moral.

On peut cependant suivre, parallèlement, une autre ligne de force, qui n’exclut pas la précédente : celle qui conduit au triomphe narcissique de l’héroïne. Le prix à payer pour accéder au registre de la sexualité qui lui convient le mieux parce qu’il n’implique plus le désir de l’autre et se maintient dans une idéalité échappant aux aliénations charnelles et à l’empreinte de leur satisfaction, le prix à payer donc, serait celui de la solitude et de l’isolement : un incroyable retournement de la perte qui, initialement était passivement éprouvée, en abandon actif de l’objet d’amour en faveur de la création. Cette activité « sublimatoire » exigerait implacablement la frustration amoureuse tout en s’alimentant, dans ses bas-fonds fantasmatiques, de mouvements pulsionnels sauvages et cruels.

L’attente offre des résonances, voire des correspondances temporelles avec ce que, comme entre-deux, Winnicott a nommé espace intermédiaire, une aire transitionnelle. Bien entendu, il ne paraît pas possible de radicaliser l’espace potentiel en termes topologiques et pourtant les figurations qui s’imposent à nous visuellement prennent place dans une topographie effective. L’attente, elle, apparaît d’abord comme une situation à la fois précise et plurielle d’un temps qui s’étire entre présence et absence. Qu’il s’agisse du sens le plus banal - attendre - ou qu’il s’agisse des tourments du désir, que ce désir soit porteur de représentations ou d’affects concernant le moi ou l’objet, l’un et/ou l’autre, il y a toujours un écart, un délai, un suspens, un détour… C’est là que peuvent se retrouver les fonctions des représentations d’attente telles que les a brièvement définies Freud : « En ses débuts, la cure psychanalytique était impitoyable et épuisante. Il fallait que le patient dise tout de lui-même, et l’activité du médecin était de le presser sans cesse. Aujourd’hui, les choses se présentent sous un jour plus amical. La cure se compose de deux parts, ce que le médecin devine et dit au malade, l’élaboration de ce qu’il a entendu. Le mécanisme de l’aide que nous apportons est certes facile à comprendre, nous donnons au malade la représentation d’attente consciente, à la ressemblance de laquelle il décèle chez lui celle qui est inconsciente, refoulée. C’est cette aide intellectuelle qui lui facilite le surmontement des résistances entre conscient et inconscient. Je vous fais remarquer que ce n’est pas l’unique mécanisme qui est utilisé dans la cure analytique ; vous connaissez tous en effet le mécanisme, de beaucoup plus énergique, qui consiste à utiliser le transfert »2 (p 64).

Parmi les nombreux couples d’opposés pris dans la bipolarité si chère à la pensée freudienne, ré-ouverts en quelque sorte par les différents entre-deux évoqués en exergue, je m’attacherai plus volontiers à celui qui conjugue les temps de la présence et de l’absence d’abord, et à celui qui, au-delà du masculin et du féminin, au-delà de l’enfant et de l’adulte, ou encore du savoir et du fantasme, nous place, inéluctablement, entre le père et la mère. On peut approcher ces deux entre-deux sans les dissocier dans des temps et des espaces qui leur confèreraient une chronologie évolutive qui accorderait à l’un le privilège du précoce et du maternel, à l’autre l’accession à un état structurellement plus avancé, stigmatisé par le complexe d’Œdipe. Si l’entre-deux winnicottien contient la distinction entre moi et non-moi, l’entre-deux du père et de la mère renforce cette distinction par la reconnaissance de la différence. Il n’est pas question pour moi de revenir à une psychanalyse des contenus, centrée sur des figures prises dans des scènes qui actualisent tel ou tel fantasme : je tente seulement de m’appuyer sur la différence des sexes comme représentant de la séparation, comme coupure et comme lien entre l’un et l’autre, comme dégagement de l’attraction et la répétition du même et passage vers le nouveau.

Si le temps ne passe pas, si son inscription inconsciente reste imperceptible, l’attente, elle, s’éprouve sans conteste dans l’expérience d’états d’affects : douloureuse ou déniée, elle décline l’excitation et son extinction, elle construit des représentations indécises, chaotiques ou au contraire si précises qu’elles frôlent l’hallucinatoire. D’un point de vue économique, elle rassemble et condense les grands courants pulsionnels de vie et de mort : les forces de désir, les forces de retrait et d’effacement restent rigoureusement entrelacées, enserrées les unes avec les autres au même titre que les deux principes - plaisir et réalité - qui eux aussi s’entendent en termes d’immédiateté ou de suspens de réalisation de désir.
Évidemment, la méthode analytique offre des voies de déploiement de l’entre-deux et de l’attente extraordinairement denses : l’analyse, sans eux, est-elle possible ?

Nous avions, tous les deux, beaucoup attendu, tout au long de notre enfance. Là commençait et peut-être s’arrêtait la particularité de notre ressemblance. Jusqu’à quel point, d’ailleurs, pouvait-on considérer ce fait comme une particularité, une singularité remarquable ? L’enfance, sans attente, existe-t-elle ? Il disait qu’il avait été profondément marqué par les absences de son père. Il voyageait beaucoup, il partait souvent, il revenait toujours. Lui se rappelait la tension constante à la maison, le visage fermé de sa mère, ses tentatives d’enfant, acharnées et vaines, pour la détourner de son silence et surtout l’oppression coupable qui, chaque fois, le gagnait. Un sentiment de faute flou et sans motif, qui le forçait à se sentir inutile, pas à sa place, pas vraiment attendu.

Plus tard, sa conviction avait été renforcée par le récit de sa mère, à propos de sa naissance : la grossesse était arrivée trop tôt, avait gâché les premiers temps de l’amour, les malaises occasionnés avaient empoisonné la vie de tous les jours, du début jusqu’à sa venue au monde. Plus tard encore, dans l’analyse, il avait mesuré la violence de ce récit, et ses effets possibles sur elle, la sensation constante de ne pas mériter une place à lui. Plus tard encore, il avait compris que la répétition de ce récit, au-delà de l’attaque ou peut-être à cause d’elle, apportait un plaisir certain à sa mère, une sorte de victoire, voire de triomphe qui affirmait sa fécondité, sa féminité, l’importance primordiale de sa vie amoureuse. Et sa double détresse, sa double impuissance : être un enfant, être un garçon. Il attendait donc son père comme sa mère, me dit-il. « Vous attendiez votre père comme votre mère » répétai-je, et ces mots, tout à coup repris, révèlent d’autres sens, d’autres versions. Il dit que je dis n’importe quoi, que c’est bien triste et qu’il attendrait autre chose de moi. Il dit qu’il n’a jamais attendu sa mère puisqu’elle était toujours là, et que le problème, avec elle, était plutôt de se débarrasser de sa présence insistante. Que si je voulais le comparer à sa mère, c’était vraiment mal venu, car son père à elle, le père de sa mère, lui, n’était jamais revenu et qu’il est hors de question d’attendre quelqu’un dont on sait qu’il ne reviendra plus…

Faut-il choisir ? Entre le père et la mère, faut-il toujours privilégier l’un plutôt que l’autre, faut-il abandonner l’un au bénéfice de l’autre ? Faut-il encore se laisser prendre par la question vive posée à l’enfant, dans sa maladresse brutale : « Qui préfères-tu, ton père ou ta mère ? Qui aimes-tu le plus, elle ou lui ? ». Question, écrit Freud dans L’homme aux rats, à laquelle l’obsessionnel ne peut pas répondre, coincé par l’alternative, oscillant sans cesse entre les deux. Est-il le seul ? La prévalence accordée à l’une ou l’autre figure ordonne des mouvements de pensée que d’aucuns considèrent comme conflictuels voire irréductibles. Etre, là encore, du côté de l’un ou de l’autre ? La langue, la règle, la séparation, l’interdit, la sexualité ou la parole, l’excitation, la contenance, la confusion, la perte, la toute-puissance… Le cortège des représentations et des concepts qu’elles suscitent pour mettre en mots l’expérience, suit immanquablement les mêmes tracés pour retrouver la racine paternelle ou maternelle. Comme si, hors de la grande dramaturgie œdipienne, il n’y avait pas de lieu possible pour rassembler le père et la mère, comme si la pensée de leur co-existence ou plutôt de leur co-habitation se révélait intolérable, du fait de la douleur qu’inflige la reconnaissance de leur vie commune, de leurs liens, de leurs désirs. Une évidence d’une grande simplicité : être du côté de l’un ou de l’autre revient à les séparer, et donc à éviter de les voir ou de les penser ensemble lorsque l’attente se confond avec la solitude.

Freud est du côté du père, voilà qui est généralement déclaré, voilà ce qui s’impose : il est l’inventeur du complexe paternel, il le soutient comme il soutient le complexe d’Œdipe qu’il considère comme nucléaire.
Il en aurait négligé la place de la mère : la preuve, ses conflits avec Ferenczi. On a ainsi beaucoup reproché à Freud de n’avoir pas suffisamment porté son attention sur la mère, d’avoir construit une métapsychologie phallo-centrée, trop fortement référée au père, d’avoir ainsi construit ses théories et sa méthode sur les fondements masculins du complexe paternel et des identifications qui en découlent.

Je ne reviendrai pas sur ces critiques, et je me garderai bien d’interpréter la surenchère contemporaine du « maternel » comme une tentative pour combler les lacunes freudiennes, tentative qui mettrait au jour les défauts ou les défaillances du père de la psychanalyse. Je rappellerai pourtant, entre autres, que dans les Nouvelles Conférences4 qui nous offrent une reprise des mouvements, des concepts et des conflits essentiels ayant jalonné tout son parcours, Freud accorde à la féminité une place de choix pour l’avenir de la psychanalyse. À la féminité, certes au féminin, bien sûr, mais à la femme ? Pourtant, déjà, dans la construction de la théorie du narcissisme, il trouve appui sur le modèle de la femme « narcissique » comme représentant de la forme la plus pure de l’indifférence et de la froideur, paradigme du choix d’objet dominé par l’auto-suffisance et le miroir. Mais bien avant, les théories de la séduction établies à partir de la mise en scène de la différence des sexes et des générations se construisent autour d’une pathologie puis d’une fantasmatique incarnées par des femmes. L’enfant séduit, c’est d’abord la fille, innocente victime, et plus tard, la séduisante accusatrice, c’est toujours une fille. Pas grand chose, en effet, sur les fantasmes de séduction des garçons, il faut attendre 1910 - « Un choix d’objet particulier chez l’homme »5 - pour que se dévoilent les désirs incestueux du garçon, cette fois dans l’orchestration officielle du complexe d’Œdipe.

En 1977, J.-B. Pontalis propose de se défaire d’une conception convenue du complexe d’Œdipe et de la sexualité infantile, il propose, à partir de la lecture de Winnicott, de développer une autre perspective, très présente chez Freud dès 19156, insistante jusqu’à la fin, celle qui a trait à la perte et aux modalités diverses de son traitement. Il s’agit alors d’envisager ce qui vient à manquer au-delà ou en deçà de la castration : c’est vers la mère qu’il faut se tourner certes, mais sans que cela oblige à se détourner pour autant du père. C’est bien ainsi que J.B. Pontalis se place pour présenter - et c’est une nouveauté, peut-être même un scandale - l’œuvre de Winnicott à un public de psychanalystes français qui, à l’époque, manifestaient une franche réserve, voire une certaine hostilité à son égard. Cela est difficile à concevoir aujourd’hui compte tenu de l’immense succès de Winnicott au-delà du cercle analytique : l’objet transitionnel rivalise sans difficulté avec l’œdipe dans la banalisation qu’impose leur vulgarisation.

Du côté de la mère, Winnicott l’est, c’est une évidence, et J.-B. Pontalis poursuit dans sa voie. En prenant appui sur Merleau-Ponty - « Faire une psychanalyse de la nature : c’est la chair, c’est la mère » (in Eloge de la philosophie, p.321) - qui lui-même cite Michelet :« La parole, c’est la mère parlante. Or, si la parole met l’enfant dans une relation plus profonde avec celle qui nomme toutes choses et dit l’être, elle transporte aussi cette relation dans un ordre plus général : la mère ouvre à l’enfant des circuits qui s’écartent d’abord de l’immédiat maternel et par lesquels il ne la retrouvera pas toujours »7.

Dans le numéro de la Nouvelle revue de psychanalyse intitulé « Bisexualité et différence des sexes » (1973, n°7, Printemps 1973), est publié un texte de Winnicott sur le masculin - féminin, sur le clivage des deux et sur le féminin pur, exempt de toute
référence à la différence, fondant en un seul l’enfant et le sein, et, à partir de cette unité, l’essence même de l’être (being). Je retiendrai deux ou trois points qui intéressent mon propos. D’abord, il me faut souligner l’affiliation très freudienne de Winnicott, son absolue reconnaissance de la bisexualité psychique : mais au-delà, c’est la manière dont il l’utilise, au sens que lui-même a pu donner à l’importance de l’utilisation de l’objet, et dont il la transforme à partir de son expérience de l’analyse et du transfert, je dis bien qu’il la transforme et non qu’il se l’approprie, ce qui serait le comble pour l’inventeur de l’objet transitionnel.

Je reprends la déclaration presque inaugurale de cet article : « La créativité est l’un des dénominateurs communs à l’homme et à la femme (…) Toutefois, on peut soutenir d’une certaine manière que la créativité est la prérogative des femmes, tout comme on peut, dans une autre perspective, dire que c’est un trait masculin » (op.cité.p.301). L’exposé clinique qui suit est extrêmement connu puisqu’il rapporte la cure d’un homme, déclarant à se séance du vendredi, qu’il était pris par son « envie du pénis » à quoi Winnicott avait réagi par cette phrase célèbre : « je suis en train d’écouter une fille. Je sais parfaitement que vous êtes un homme, mais c’est une fille que j’écoute, et c’est à une fille que je parle ». (ibid. p.302). Cette séquence illustre parfaitement la position de Winnicott quant au clivage des éléments masculins et féminins chez l’homme et chez la femme, titre de l’article, disons-le au passage. Elle montre aussi sa conception et sa pratique du transfert : le patient imagine qu’on le prendrait pour un fou, s’il parlait de cette fille… et Winnicott poursuit : « C’est moi qui vois la fille et qui entends une fille parler alors que c’est un homme qui est sur mon divan. S’il y a quelqu’un de fou, c’est moi. » (ibid. p.303). La reprise de l’histoire du patient, du désir de sa mère de le voir fille, le transfert et l’actualisation dans l’analyse de cette singulière situation ne sont pas essentiels à reprendre sauf pour en dégager deux aspects .

Le premier a trait à ce fameux clivage entre masculin et féminin, et à la lutte interne violente entre la voix de la fille qui veut à tout pris être entendue et reconnue, et les défenses de l’homme qui érige un barrage puissant pour ne pas la laisser passer. Cette idée du clivage nous éloigne de la bisexualité psychique telle que Freud l’a construite, dans laquelle, il n’y a pas de coupure drastique entre les deux, mais seulement « un peu plus de l’un que de l’autre » comme il l’écrit dans les Nouvelles conférences, une position beaucoup plus dialectique, qui, scandaleuse à son époque, est devenue, ailleurs même que dans le champ de la psychanalyse, presque un principe, sinon une revendication.
Le second a trait au féminin pur, saisi dans l’enfant au sein, « le bébé devient le sein (ou la mère), l’objet est alors dans le sujet » (ibid. p.308) : celui-ci, qu’il nomme « objet subjectif » est le premier objet, « l’objet qui n’a pas encore été répudié en tant que phénomène non moi » (ibid. p.309). Position acceptable ou discutable ? à l’origine, peut-on penser une mère qui serait totalement défaite de son identité sexuelle ? Oui, dit Winnicott du fait du clivage inaugural, radical entre l’élément masculin et l’élément féminin. Peut-on alors admettre une captation complète de la mère par l’enfant, sans aucune référence, même à l’ombre du père - et quand je dis père, je pense au père de l’enfant, bien sûr, mais aussi au père de la mère ?
Comment associer alors, cette prise de position et la conception du soi, compris dans l’entre-deux, entre dedans et dehors, entre moi et non-moi, entre l’enfant et sa mère… et j’ajoute, entre le père et la mère ?
Je cite à nouveau J.-B. Pontalis : « Ce n’est plus tout à fait la dramaturgie freudienne où s’affrontent les figures du père et de la mère, grand théâtre d’ombres indéfiniment représenté, travesti, dédoublé, retourné dans le fantasme (…) Pas de scène chez Winnicott où se répèterait l’originaire, ou de combinatoire où les mêmes éléments permuteraient dans le cercle, mais un terrain de jeu aux frontières mouvantes, qui fait notre réalité (…) Peu de chose, presque rien, simplement ce qui m’arrive quand je puis l’accueillir. Alors le trouvé n’est plus le précaire substitut du perdu, l’informe n’est plus le signe du chaos (…) Winnicott ou le refus de traduire… Oui, mais tout aussi vif, le souci d’entendre, entre les mots, malgré les mots parfois, ce qui, de la mère, indéfiniment, commande notre parole. » (p.199-200).

La référence à l’un et l’autre, au père et à la mère dans les multiples configurations qu’ils sont susceptibles de prendre, ne nous importe pas seulement comme images, figures, partenaires de scénarios pluriels des fantasmes originaires, mais au-delà, pour l’entre-eux-deux qu’ils constituent et qui représente à la fois le mouvement qui va de l’un à l’autre - et donc le déplacement - mais aussi le suspens, le détour, l’ouverture associative et rêvante dans l’expérience de l’attente.

L’oubli du père a comme premier effet de maintenir un système éminemment narcissique, excluant tout signe de différence parce que celle-ci appelle trop vite l’effondrement d’une unité dont la préservation constitue une préoccupation première : quelque chose qui s’inscrirait dans une pulsionnalité auto-conservatrice, luttant âprement contre tout surgissement d’un sexuel menaçant parce que séparateur du même. Or, le grand intérêt de l’entre-deux est de créer un espace de mouvement non seulement dans la relation mère/enfant, aire d’illusion, de perte et de retrouvailles, mais aussi entre le père et la mère pour l’enfant, espace tout aussi vivant et animé pour le jeu de passage et de substitution, d’abandon et de rencontre entièrement pris dans les faisceaux de la sexualité.

Elle ne pouvait pas choisir… entre son père et sa mère, entre son frère et sa sœur, entre les garçons et les filles, entre les hommes et  les femmes. Elle ne choisissait pas, elle les gardait tous, croyait-elle, et courait sans cesse pour ne pas les perdre - de l’un à l’autre, entre l’un et l’autre. La nuit, elle rêvait de massacres et c’était elle la meurtrière, toujours. Entre les séances, elle se cachait dans l’encoignure d’un porche, en face de mes fenêtres, elle veillait  les lampes, jusqu’à ce qu’elles s’éteignent. Alors seulement, elle pouvait rentrer chez elle et dormir. Elle attendait sans cesse, l’attente était pour elle la vie, à la fois indispensable pour qu’elle se sente exister et douloureuse, aux limites du supportable. Pour elle, souffrir, c’était se sentir vivante mais souffrir, c’était d’abord attendre.

Elle hésitait sans cesse entre le hors d’elle et la présence en elle - c’était bien là qu’elle me plaçait, entre les deux. Ce qu’elle pensait, elle voulait croire que c’était arrivé ou que c’était la vérité tout en sachant absolument qu’elle le pensait seulement et que c’était elle qui le pensait. Elle croyait que si je pensais comme elle - que c’était arrivé ou que c’était la vérité - alors, oui, ce serait comme elle le voulait, la vérité, ou ce qui était effectivement arrivé. Les batailles sanglantes de la nuit et les petites guerres du jour se mélangeaient. La guerre, elle la menait contre moi. Elle possédait un sens des mots, une passion du langage extra-ordinaires. Elle savait parler, elle savait blesser. Elle savait. Puis, inquiète tout à coup de m’avoir attaquée avec tant de violence, elle vérifiait que j’étais là, toujours, elle téléphonait, elle veillait les lampes. Elle ne pouvait pas attendre, il fallait que tout s’enchaîne, instantanément : pas de suspens, le plus mince écart risquait de se transformer en un gouffre, un abîme où elle pouvait sombrer. C’est ce qu’elle croyait. Je ne pensais pas comme elle, je l’ai dit déjà : je pensais que cette attente intolérable était aussi ce qui pouvait la dégager de son enlisement, qu’elle pouvait avoir un pouvoir de transformation, qu’elle cesserait de se confondre avec la compulsion de répétition qui poussait vers le même, vers le recommencement de l’identique. Je n’étais plus sûre que la seule empreinte ou emprise de la mère, les alternances de ses humeurs - bref, tout ce qui, dans une dérive lointaine inspirée par Winnicott, réduit la faillite de l’environnement à la mère seule - animaient les forces destructrices qui nous gagnaient : elle voulait me convaincre à tout prix qu’elles étaient souveraines, et avec sa mère, et là maintenant avec moi. Comme elle voulait à tout prix nous convaincre, avec un acharnement rare, que j’étais la seule aujourd’hui qui comptait dans sa vie : pas de place pour plus que deux, un seul être à aimer, à idolâtrer, un seul à détruire.


Elle refusait d’admettre que l’attente pouvait être autre chose qu’un immobilisme forcené, une paralysie tétanisée par l’angoisse. Elle refusait d’admettre que moi aussi je pouvais attendre et ce qu’elle me fit entendre, enfin, était que l’attente et le féminin étaient complètement et définitivement indissociables : si attendre c’est être une femme, cela signifie que le choix s’est imposé, que la bisexualité est abandonnée et que le renoncement à ses avantages est inéluctable. Les bénéfices de ce renoncement ne lui apparaissaient pas : elle militait pour le tout, pour l’absolu, pour le vrai et le faux, et elle rejetait violemment le possible pour l’impossible qu’il impliquait. Elle ne supportait pas de penser que je pouvais attendre, moi aussi, attendre quelqu’un d’autre, différent, étranger, sexuellement différent donc. Cela signifiait que je n’avais pas tout et surtout que je ne pouvais pas tout lui donner, qu’il fallait aller chercher ailleurs…
Parmi les couples d’opposés qui s’affrontent et s’unissent dans la dialectique de la pensée freudienne, le masculin/féminin occupe une place paradigmatique, et cette place se tient dans les réseaux compliqués du complexe d’Œdipe. Qu’il s’agisse de la fille ou du garçon, l’attente vers le père constitue un tournant essentiel : la fille - je cite Freud (p. 213) - « sous l’influence de l’envie du pénis (…) est évincée de la liaison à la mère et elle entre dans la situation œdipienne comme dans un havre » : le père, objet d’attraction, figure de déplacement des mouvements pulsionnels, incarne donc l’espoir, l’espoir d’un dégagement par rapport à l’emprise ou l’empreinte maternelle, suscitant une nouvelle montée de passion forte de potentialités fantasmatiques visant la réalisation de désir… « ce que ma mère ne m’a pas donné, lui me le donnera ». Même si cette flambée doit, elle aussi, s’éteindre, même si l’interdit et la réalité se conjuguent pour empêcher la poursuite des buts œdipiens, le passage de la mère au père, l’offre et le transfert qu’il  assure, témoignent d’une mobilité possible, d’une fragmentation de l’excitation qui en rend l’économie plus aisée. Ce passage, ce déplacement inscrivent la trace d’un processus qui, à partir d’une déception et du renoncement à l’objet d’amour originaire qu’elle impose, s’engage, en utilisant l’énergie libidinale libérée, dans un nouvel investissement, l’attente d’un autre, si possible différent.

On insiste beaucoup sur l’absence de changement d’objet, sur la continuité du lien du garçon avec la mère. Pourtant, il faut bien que cette linéarité soit rompue, il faut bien que la discontinuité survienne et c’est bien la présence du père dans la différence et donc dans la coupure qui en ouvre la voie. L’attente du garçon  serait celle d’une libération, du soulagement qu’apporte, malgré tout, la castration elle-même car qu’y a-t-il de plus aliénant que la réalisation (illusoirement) totale du désir ? N’implique-t-elle pas la menace d’une fusion abrasant tout indice de séparation, de distinction conduisant à l’effacement et de l’objet et du moi ?

En forçant la lecture de Freud, on pourrait penser que si le renoncement à l’objet d’amour originaire, dans sa radicalité, est masculin (double renoncement ou renoncement renforcé à la mère de la petite enfance et à la mère œdipienne, doublement incestueuse en quelque sorte), l’attente est, elle, davantage portée par le féminin. Chez le garçon, le complexe d’Œdipe disparaît comme tombent les dents de lait, dit Freud : la raison en est claire, il y a menace pour l’intégrité du corps, pour son intégrité sexuelle : le temps passe et permet le passage vers autre chose. Chez la fille, pas de crainte de cet ordre, la menace est conjurée par la perception même de son sexe, le motif majeur de l’abandon de l’œdipe s’efface : le complexe se maintient, avec plus ou moins de bruit… Il survit et, avec lui, l’attente. L’inachèvement du complexe d’Œdipe caractériserait les formes les plus souffrantes de son déclin alors que sa disparition définitive - sa destruction - scellerait son destin idéal. Une nouvelle oscillation entre deux pôles, un autre entre-deux peut alors se révéler, entre renoncement et attente, un paradoxe qui concerne à la fois l’expérience de l’enfant avec la mère et son expérience avec son père et sa mère.

La crainte de l’effondrement, au-delà des expériences pré-œdipiennes de non-existence, de vide ou de défaut d’unité du self, liées à la faillite de l’environnement (et donc du « maternel ») peut aussi être attachée à la matière vive des fantasmes originaires : la scène primitive notamment peut constituer une menace majeure pour l’unité du moi, si elle est éprouvée comme une « faillite » de l’environnement. Cela souligne l’impact du sexuel comme événement déjà advenu, provoquant alors la crainte d’un effondrement qui a déjà eu lieu mais qui ne peut être mis au passé car le moi n’a pas pu l’accueillir : c’est d’ailleurs une construction analogue qui sous-tend le premier temps de la séduction, celui qui assigne à l’enfant une place de victime innocente, au sens plein du terme, une innocence qui empêche la compréhension et impose l’impossibilité de prendre en soi l’événement advenu. Le caractère « traumatique » - l’effondrement de Winnicott9 - ne vient-il pas toujours de l’incapacité à prendre au dedans, à accueillir ce qui, par là-même, devient débordant ?

Toute la doctrine freudienne est édifiée sur les effets de la rencontre de l’enfant avec la sexualité alors que Winnicott découvre un en-deçà  du sexuel qui qualifierait la nature des échanges entre l’enfant et son environnement et infléchirait son développement lorsque les faillites de cet environnement ne peuvent pas être intégrées comme expé­riences psychiques. La portée de ces deux positions est évidente dans le jeu transférentiel des résistances de l’analysant et de l’analyste. Dans une perspective freudienne, nous avons affaire, dans le transfert, à une sexualité redoutable puisqu’elle sous-tend la parole et irradie le réseau compliqué des identifications. Dans une perspective winnicottienne, l’angoisse « disséquante » est éprouvée par le patient  « en réaction aux faillites et aux erreurs de l’analyste ». Pour Freud, la sexualité est amenée par le père, pour Winnicott, l’environnement se représente à travers la mère.

Freud écrit, dans La dynamique du transfert10: « Celui dont le besoin d’amour n’est pas satisfait sans reste par la réalité est donc dans l’obligation de se tourner, avec des représentations d’attente libidinales, vers toute personne nouvelle qui entre en scène, et il est tout à fait vraisemblable que les deux portions de sa libido, celle qui est capable de conscience comme celle qui est inconsciente, participent à cette attitude.» (p. 108). Aller vers un autre,  attendre quelqu’un d’autre en pensant que lui, peut-être, répondra aux exigences du désir. A mon avis, c’est ce passage qui assure, dans l’attente et surtout dans la rencontre avec le différent - et donc l’inconnu - la capacité véritable à la création : trouver du différent là où on risque d’attendre le même.

Notes

1- Winnicott D.W. (1951), « Objets transitionnels et phénomènes transitionnels », tr. fr. in Jeu et Réalité, Paris, Gallimard, 1975, chapitre 1.
2-  Freud S. (1909), « Les chances d’avenir de la thérapie psychanalytique », OC, Vol. X, Paris, PUF, 1993 pp. 61-75.
3- Freud S. (1909) « L’homme aux rats. Remarques sur un cas de névrose de contrainte », OC, Vol. IX, Paris, PUF, 1998, pp. 131-214.
4- Freud S. (1932) « La féminité », in Nouvelle suite des leçons d’introduction à la psychanalyse, Paris, PUF, 1995, XXXIIIème leçon, pp. 195-220.
5- Freud S. (1910) « D’un type particulier de choix d’objet chez l’homme », OC, Vol. X, Paris, PUF, 1993, pp. 187-200.
6- Freud S. (1915) Deuil et mélancolie, OC, Vol. XIII, Paris, PUF, 1988, pp. 261-281.
7- Résumé de cours, p.30, cité par J.-B. Pontalis, 1977, p.75, note 5.
8- Freud S. (1932) La féminité, op. cit.
9- Winnicott D.W. (1974), « La crainte de l’effondrement », Nouvelle Revue de psychanalyse, « Figures du vide », n° 11, 1975, p. 35-44. Nouvelle traduction, in La crainte de l’effondrement et situations cliniques, Paris, Gallimard, 2000.
10- Freud S. (1912) « La dynamique du transfert », in OC, T. XI, Paris, PUF, 2005, pp.105-117.